L'esthétique de l'effroi
Si des oeuvres ont pour volonté de subjuguer, d'épouvanter, ou simplement d'inquiéter, d'intimider, c'est parce qu'il importe de dégager, par la création, une horreur sacrée, puisque l'effroi fait surgir avec force des êtres immatériels et que la stupeur avive la possibilité d'accéder au surnaturel. Mais de telles oeuvres ont aussi pour dessein d'évoquer un univers rétif à la transfiguration, car ce qu'elles donnent à entrevoir, c'est la profondeur de mondes inconnus. Elles appartiennent souvent à des confréries secrètes réservant jalousement leurs activités à leurs seuls membres et chargées, jadis (parfois encore aujourd'hui), de la représentation dans les bourgs.
Dans le culte vôdoun, seuls les officiants ont accès à ces objets, seuls ils ont le droit de les manipuler, puisque leur charge magique, leur réputation maléfique, leur "laideur" intentionnelle ont justement pour dessein d'éloigner les curieux.
Des cordes maintiennent des instruments rituels, certains rouillés, d'autres couverts de sédiments. Cloches de fer, chaînes, petits réceipients en terre ou autre, colliers hors d'usage, vieux tissus... Les groupes vodun sont la plupart du temps recouvert de plusieurs couches de différentes épaisseurs, attestant le nombre impressionnant de sacrifices dont ce groupe d'autel fut l'objet.
Tous les objets vodun présents sur les pages d'artspremiers.net ont été "déchargés" de leurs puissances mystiques.