Les premières découvertes archéologiques datent du début du XXème siècle grâce à la curiosité de Léo Frobenius, intéressé par le panthéon d'Ifé et voulant établir un parallèle avec l'ensemble des dieux grecs; notamment Poséïdon et le dieu de la mer Olokun.
Ifé connut un épanouissement artistique du XIIème au XIVème siècle avec une statuaire de bronze et de terre cuite.
La puissance politique d'Ifé commença à décliner au XVIème siècle lorsque le royaume de Bénin se développait à l'Est et que le le royaume Yoruba d'Oyo prenait lui aussi de l'ampleur.
Pour les yoroubas, Ifé était le coeur du monde, où les dieux étaient descendus pour peupler la terre, et leur capitale politituqe, où régnait l'oni, roi divin qui n'apparaissait que rarement en public, à demi caché derrière des rangs de perles qui lui voilaient le faut du corps. La sacralité du visage royal explique l'existence de ces têtes en bronze ou en argile, souvent de grandeur mature, parfois plus petites, qui servaient de figures commémoratives lors des "secondes funérailles", bien après l'inhumation réelle du défunt, pour le représenter, indiquer que si le roi était mort, son image restait immortelle. Lors de cette cérémonie destinée à marquer la continuité du royaume, sa tête en bronze ou en terre cuite était fixée sur un grand mannequin de bois, avec des vrais vêtements, et on la transportait en cortège à travers la capitale avant de l'enterrer dans un sanctuaire. Ces têtes offrent un tel réalisme idéalisé de la personne humaine que lors de leur découverte, en 1910, des Européens avaient attribué l'origine de cet art à une colonie carthaginoise qui aurait fait souche au Nigéria, comme si des Africains étaient incapables de créer des oeuvres d'un style "classique" différent des genres de représentation habituels sur ce continent.