Chez les dogon, des représentations d'ancêtres protègent la récolte. Leur force magique est d'autant plus forte qu'elle est collective.
Portes et serrures ont besoin de cet apport surnaturel pour renforcer leur efficacité. Le nom des portes de grenier est gé tanga. La serrure est l'autel des ancêtres. Le porte s'ouvre au Nord, elle est la bouche. Le grenier est comme le ventre, l'intérieur du monde.
Serrures bambara aux pouvoirs occultes.
Dans une région pétrie de traditions, les génies offrent une protection bien supérieure à celle que donneraient des chaînes ou des cadenas. Qui oserait s'exposer aux funestes conséquences d'une effraction ? L'efficacité d'une serrure réside dans son contenu symbolique. Ces serrures fermaient des portes d'une hauteur d'environ un mètre cinquante, relativement épaisses (voir les portes de cases au Mali). A la différence des dogons, les bambaras ne fabriquaient pas de serrures pour des volets de greniers à mil. Les serrures bambara ne représentent généralement que deux types de sujet, soit un personnage debout, qui peut être stylisé à l'extrème, soit un crocodile. Ces serrures, toujours placées à l'exterieur de la porte, d'où arrive le danger, défendaient souvent les entrées des cases qui contiennent le matériel rituel des sociétés secrètes, nombreuses et importantes chez les bambara. Une magnifique patine d'usage revêt souvent ces objets. Son usage s'est perdu principalement sous la pression de l'Islam, alors que, paradoxalement, des serrures ornées de personnages condamnaient, il y a quelques décennies, les portes des mosquées de village.