Femme agenouillée à la poitrine généreuse, scarifications sur les joues, colliers autour de la poitrine et des reins, bracelets qui enserrent les poignets et les bras, une très fine coiffure, autant d'éléments qui se retrouvent dans de nombreuses statuettes féminines baga et qui, toujours, symbolisent la beauté essentialisée des femmes de la région. Utilisées la plupart du temps comme caryatides de tambours, ces sculptures sont très certainement liées aux associations féminines qui florissaient jadis dans le bagataye (la région des baga) et qui poursuivent jusqu'à ce jour leurs pratiques rituelles. Sans tambour, leur fonction demeure toutefois obscure.
L'existence de sociétés de femmes en Guinée maritime est très mal documentée et il est hautement délicat de se livrer à des généralisations d'un sous-groupe baga à l'autre. Dans le pays bulongic (l'un des sous-groupes), de nombreuses femmes se retrouvent occasionnellement dans le cadre d'une organisation rituelle portant le nom de kéké. Les vieilles racontent qu'auparavant, il fallait avoir eu un enfant pour faire partie de l'association. Aujourd'hui, toutes les femmes bulongic ou mariées à un homme bulongic peuvent prendre part aux cérémonies de l'organisation, sans initiation aucune. Bien que les femmes de kéké se réunissent et dansent pour les funérailles de vieilles adeptes ou lors de cérémonies d'excision, elles sont particulièrement concernées par les maladies liées à la sorcellerie. En effet, comme c'est le cas dans de nombreuses sociétés de femmes de la sous-région, la vocation de kéké est principalement anti-sorcière et repose sur des séances de danses collective au cours desquelles certaines participantes seront possédées. Chaque année, les femmes de kéké se réunissent pour leurs otonion (sacrifices) destinés à honorer leur génie.