Les sénoufos
Les arts visuels des Sénoufos sont nombreux, diversifiés, et touchent beaucoup de secteurs de la vie quotidienne (sièges ornés, portes et cannes décorées, tissus peints témoignant d'un remarquable talent graphique, lits funéraires) et plus encore le domaine rituel. Celui-ci, pour l'essentiel, est régi par une institution initiatique, le poro, divisée en trois degrés de sept ans chacun, et qui commence dés l'enfance avec un enseignement des rites, des chansons liturgiques, des danses, pour s'achever à l'âge adulte par des périodes représentant des grades spécifiques. Chaque cycle est conclu par de grandes fêtes, avec sortie d'objets cérémoniels. D'où une floraison d'oeuvres de tous ordres : coiffes, heaumes bicéphales, masques faciaux, oiseaux sculptés presque de taille humaine, et aussi des figures qui, représentant des esprits tutélaires et des génies de la nature, jouent, entre les mains de devineresses, un rôle majeur pour mettre en relation le monde de l'invisible avec celui des humains. Des sculptures de grande taille, les pombibele (ou enfants du poro), sont en usage lors des funérailles d'un membre de la confrérie.