Tabouret de Côte d'Ivoire, groupe akanisé
Les sièges, chez les baoulé, comme dans toute société, sont les objets domestiques les plus immédiatement visibles, les plus facilement reproductibles, à l'issue d'un voyage, d'un séjour. Et parce qu'ils ne sont dotés d'aucune valeur sacrée, et qu'ils sont encore d'utilisation courante, ils traduisent mieux que les masques, et mieux que les portes sculptées, les multiples échanges et réseaux d'influences. On trouve, à l'intérieur d'une même bourgade, une large diversité de formes et la coexistence d'influences divergentes. La tradition orale baoulé, appuyée sur plusieurs mythes de migration, notamment celui de la reine pokou sacrifiant son enfant, insiste sur cette provenance d'origine Akan, et que les villageois, aujourd'hui encore, valorisent cette origine.
Toutefois, rares étaient ceux qui étaient décorés, contrairement au siège Akan du Ghana qui se caractérisent par plusieurs choix plastiques. Un socle épais, mais fortement ajouré, afin de l'alléger (le siège étant transporté plusieurs fois par jour de l'habitation à l'arbre à palabre). Ensuite une structure équilibrée qui impose une composition fermement écrite et l'évidence de l'immobilité stable. Mais aussi, surtout, une exigence d'ornementation assez exceptionnelle pour ce type de tabouret grâce à une exquise juxtaposition de losanges sculptés sur les quatre colonnes, ceci afin d'équilibrer l'ensemble et de relier l'effet de masse, architectural, à un sens de l'élévation.